Les Yeux cueillent la sauvage poésie de la vaste Puna. Ils emportent le bleu profond du ciel, la beauté polychrome des lacs et l'élégance des flamants roses et perlés qui s’envolent... Les Yeux s’abreuvent à l’imposante immensité glacée des volcans, ils se perdent dans la contemplation de ces âme errantes en quête mystique, ils touchent la grâce indigène de ses mains créatrices... Les Yeux sont témoins de cette surprenante terre appelée Catamarca, inconnue pour beaucoup de pauvres créatures, extraordinaire pour ceux qui s’en furent là bas.

La province de Catamarca est une contrée aux charmes insoupçonnés, qui imprègnent durablement la mémoire du voyageur. Toutes ses facettes sont éblouissantes, de chacune d’elles, comme des cadeaux, surgissent surprises et découvertes... “Paysages de Catamarca, aux mille tonalités de vert, un petit village ici, un autre là, et un long chemin qui descend et se perd à l’horizon”, écrit Polo Giménez, célébrant Catamarca dans cette chanson éternelle. Quoi de plus tentant que d’explorer cette terre dans l’air diaphane, pur, encore protégée de l’empreinte humaine ? La Mecque des alpinistes Un relief montagneux couvre la majeure partie de la région de Catamarca dont la partie nord se situe sur l'Atacama, le désert le plus aride du monde, et dont l’altitude, qui dépasse les 3 000 mètres, se situe juste après celle du plateau tibétain. La Puna, comme nous l’appelons ici, est un coin de la planète où les rares manifestations de vie constituent un surprenant prodige. On ressent, dans ces lieux, une indescriptible sensation d'infini, un inexplicable vide dont la solennité impressionne et fait réfléchir à la condition humaine. Un vide aussi “plein de silence” comme l'exprime la bucolique métaphore. Un tiers des plus hautes montagnes d’Abya Yala (nom originel du continent américain), égrenées le long de la Cordillère des Andes, se trouvent sur le territoire de Catamarca. Quatorze colosses, la plupart d’origine volcanique, dépassant les 6 000 mètres d’altitude découpent sur le ciel leurs têtes enneigées. Nommés les “Seis Miles”, ces géants vêtus de manteaux de sel et mouillés de lacs aux invraisemblables couleurs, devraient être décrétés réserve naturelle, encadrés dans ce qui a été appelé Pianwalla, ce qui signifie “Pénétration dans la Montagne”, déjà connu et respecté par les caucanos, les sherpas de cette terre -.  Protégés par “Huaira” (vent des hauteurs) et par le cri des vigognes (Vicugna vicugna) et des guanacos (Camélidos andinos), certains de ces sommets étaient pour les anciens habitants, le royaume des dieux et des créatures surnaturelles (comme Inti ou Viracocha) qui les protégeaient du mal. C’étaient des lieux de dévotion, pèlerinages et rites singuliers. Aujourd’hui ces paradis sacrés, sont autant d’objectifs sportifs pour les alpinistes du monde entier, mais demeurent toutefois des espaces voués à la contemplation de la nature infinie. Des traces traditionnelles “Je suis de ces bardes andins, écrivait le poète Adán Quiroga, nés dans les hautes plaines de la montagne, de ceux qui se réfugient dans l'ombre d'un vol d'aigle.” Beaucoup d'artistes ont trouvé l’inspiration dans le nectar de ces terres, dans le regard de ses populations, dans le souffle puissant du vol d’un condor. Culturellement, Catamarca reflète la fusion de l’histoire indigène et des traditions hispaniques. De cette union est née une forme de vie particulière qui se retrouve dans la langue, les rituels, les cérémonies, la cuisine, les textiles, l’artisanat, et s’exprime par les poèmes et les pinceaux de ses artistes. Catamarca sauvegarde l’expression culturelle de sa population et organise des événements tout au long de l’année, notamment la fête en l'honneur de la “Vierge de la Vallée” qui célèbre la foi inébranlable de la population. La “Fête du Soleil” (Inti Raymi, Año Nuevo Inca, célébration dans les pays andins) ou la “Festivité du Poncho”, un événement traditionnel incontournable présentant le festival et l’exposition d'artisanat les plus importants d’Argentine. Pour cette occasion, sont façonnées par les artisans des centaines de figurines indigènes pour mieux nous en conter l’histoire. Dans cet environnement où l'homme et la terre sont intimement liés, de manière ancestrale, le pisé s’impose et les maisons ne se soumettent pas au cours du temps. Façonnées de terre glaise et de paille, les courbes de ses petites chapelles, quasiment inchangées depuis les temps anciens, les formes des ses alcôves taillées dans ses toits moulés par le vent, nous emmènent au long d’un voyage dans le passé. Les cultures et traditions millénaires font de Catamarca une région riche en vestiges archéologiques. Elles racontent 10 000 ans d’histoire.
 L’aventure
Pour les esprits hantés par l’aventure et la découverte, Catamarca est la destination privilégiée. Véritable éden pour les amateurs de véhicules tout-terrain, il offre des centaines de kilomètres de routes. Au nord de la province, les pistes s’ouvrent entre dunes et lacs de sel, semblant nous conduire vers le centre de la terre. Les circuits de MTB, au milieu d’incroyables paysages, nous mènent à la limite musculaire mais aussi à l’émerveillement oculaire. Chasse, pêche, et observation de la faune et de la flore, safaris photos, promenades à cheval, survol en deltaplane... “Il reste beaucoup à découvrir ” affirment avec enthousiasme et orgueil les Catamarquois, des gens tranquilles, simples, et au grand cœur. Les sources thermales surgissent de la terre comme au paradis, et font du complexe de Fiambala une oasis de santé en pleine Cordillère. Fiambalá connue comme “la capitale de la Cordillère” est le point de départ d’expéditions en haute montagne, de randonnées et autres activités. Les monts d'Ambato recèlent de magnifiques paysages, tout comme El Rodeo, resplendissante ville estivale à seulement une heure et demie de la capitale. Ami voyageur… J’ai pu contempler sur cette terre les étoiles les plus brillantes. La grandeur et la pureté de ce territoire, la majesté éternelle de ses volcans m’ont coupé le souffle. Il y eut des moments où, même respirer était de trop, de peur de blesser la voix du silence que j’ai, un instant, entendu .
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