Actualizado lundi 06 de février 2012
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Tinku: Les derniers guerriers des Andes PDF Imprimer Envoyer
Le Tinku est le combat-rencontre rituel organisé par les descendants de ce qui fut jadis la Confédération Guerrière du Peuple « Charca ». Au cours de ce rituel annuel, des communautés entières se livrent des combats qui peuvent aller jusqu’à une issue fatale.

Tinku

La raison d’être du Tinku (du quechua « rencontre »)  serait, selon certaines versions, de permettre aux combattants d’alimenter la Pachamama (Mère-Terre) de leur sang. Ainsi, elle sera suffisamment fertile durant toute l’année.
Durant ce rituel, les grands Ayllus du nord de la ville de Potosi, comme les Machas, les Pocoatas, Sacacas, etc., divisent leurs communautés en deux moitiés :
les Alasaya et les Majasya (respectivement la moitié supérieure et la moitié inférieure). Les membres de chacune de ces moitiés vivent autant sur des terres en altitude des punas (4.000 mètres) que sur des terres de basse altitude, comme des vallées. Tous membres de Alasaya et de Majasaya sont pourtant répartis sur les deux niveaux écologiques et cohabitent étroitement.
Une hypothèse tente d’expliquer la survenance de la division entre Alasaya et Majasaya : qui serait la conséquence de la guerre. Selon cette hypothèse (Platt Tristan 1988), les groupes guerriers aymaras provenant du sud imposèrent leurs lois à la population locale, et auraient constitué avec la population qu’ils avaient soumise, une société divisée en deux moitiés. Dans cette société, les Alasaya – les vainqueurs – auraient utilisé les Majasaya – les vaincus – comme « compagnons d’entraînement » pour la guerre.

Le déroulement du Tinku

Les Tinkus ont lieu entre la fin du Carnaval (février-mars) et la Toussaint (novembre).
Au nord de Potosi, cette période correspond à la période sèche, durant laquelle les communautés ont terminé leurs récoltes et disposent de temps libre « pour jouer ». Durant toute cette période, une série de Tinkus est organisée à différentes dates et en différents lieux. Ces rencontres sociales peuvent réunir de plusieurs dizaines à plusieurs milliers de combattants Hommes et Femmes.
Le calendrier des Tinkus est basé sur des dates traditionnelles qui coïncident avec des fêtes chrétiennes , par exemples : - la fête de la Croix de Macha qui se déroule le 3 mai, l’Exaltation le 4 septembre, etc..
Les Tinkus les plus importants utilisent comme lieu de rencontre les anciens villages coloniaux qui furent établis par les Espagnols aux fins de contrôler et de catéchiser la population autochtone. Le jour précédant l’ouverture des combats, l’ensemble de la population masculine de chaque communauté se retrouve sur la colline sacrée de la communauté, où vit le Tata Cruz, afin d’invoquer sa force durant le combat. Tout au long de la nuit, au son de la musique des jula-julas (flûtes de pan), la communauté kha et ch’alla font la fête sur la colline sacrée, symbolisée par la croix chrétienne.
À l’aube, la troupe de villageois commence son long périple vers le village colonial où aura lieu le Tinku. Au son martial de la musique des jula-julas, la communauté suit dévotement le Tata Cruz (la croix communale) et les imillas (deux jeunes filles célibataires qui escortent la croix en agitant des drapeaux blancs).Durant le voyage d’autres communautés,  faisant partie de la même moitié, viennent renforcer les rangs du groupe. Finalement, c’est une multitude impressionnante et bruyante qui fera irruption sur les lieux du combat.
Tinku

Dans le village colonial, devenu un véritable champ de bataille, une ligne imaginaire divise l’espace correspondant à chaque moitié, transformant la place en scène centrale du combat.
Lors de l’arrivée au village, la croix qui ouvrait la marche de la délégation est portée dans l’église où est célébrée une messe. La participation à ce rituel catholique a pour objectif de renforcer la puissance de la divinité de chaque communauté lors de son affrontement belliqueux avec les autres divinités locales.
On dit que lorsqu’un groupe a été capable de déployer plus de force au combat, c’est parce que la croix de sa communauté s’est imposée sur les autres divinités.
Au crépuscule, chaque groupe entame son voyage de retour vers son propre village, où seront sacrifiés des lamas et des moutons pour clôturer les rituels.

Tinku

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